Isabelle Über

Quand l’ubérisation devient « has been « , c’est que sonne l’heure de la méta-ubérisation. Et son cortège de startups farfelues, qui ajoutent de l’amateurisme à la précarité. 

Si l’offre est à « poruvoire » immédiatement, il est un peu dommage de tomber sur elle deux mois après sa date de parution. Notez qu’elle a été publiée à 2h34 du matin, horaire délicat qui peut sans doute excuser les nombreux points de vigilance à relever dans cette annonce.

Formule de politesse pour attaquer, correcte bien qu’un peu incongrue dans une offre d’emploi, et nous passons vite aux choses sérieuses. L’univers du VTC (comprendre voiture de transport avec chauffeur et non pas vélo tout confort) est rapidement posé et notre employeur s’enorgueillit de compter parmi ses partenaires personnels la crème des sociétés de mise en relation conducteurs/passagers, et de disposer de « clients directs » hypothétiques.

Un peu survendu pour une boîte de moins d’un an au capital de 4000€, mais n’est-ce pas là une démonstration de cette libération des énergies proactives attendue par notre gouvernement? N’attendez pas forcément un plan de carrière d’une entreprise de mise en relation qui vous propose de conduire pour le compte d’autres entreprises de mise en relation dans un cadre légal encore très bancal, mais si vous succombez au charme de la Peugeot 508 boîte auto (magnifique) et du téléphone Samsung (lequel?), je dis pourquoi pas!

L’employeur nous met en garde de bien lire l’annonce jusqu’au bout (au cas improbable où la simple lecture de cette introduction donne envie de se précipiter vers une candidature spontanée), peut-être pour faire comprendre au chômeur moyen qu’il ne s’agit pas d’avoir un salaire, mais plutôt une sorte de sous commission financière assez floue pour passer ses jours (et ses nuits, mais a priori sans majoration) dans une bagnole qui crache de la particule fine en région parisienne et que tu dois partager avec une autre pauvre âme une fois ta rotation terminée.

Plus tu travailles, plus tu gagnes. Normal, mais plus difficile lorsqu’on n’a aucune prise sur sa clientèle. A moins que tu puisses racoler du client dans les gares et les aéroports, dans l’esprit VTC. Vends Ton Cul.

 

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