I’m a crêpe

Vous avez de la pâte? Vous avez du sucre? Alors arrêtez de vous crêper le chignon pour trouver du travail et postulez donc à cette alléchante offre d’emploi bien garnie mais un peu cramée sur les bords, comme je les aime.

Il y a évidemment meilleur que le cidre breton (et c’est un normand qui vous le dit), mais de là à accompagner sa galette super-paimpolaise (supplément oignons, supplément crème fraîche) d’un milkshake ou d’un smoothie, il y a une barrière gastronomique que je vous incite à ne jamais franchir.

Vous en serez d’ailleurs pour vos frais en matière d’univers gaélique, puisque la crêperie se situe (assez vaguement) dans le Val-de-Marne, mais dispose d’un clientèle fidèle comme une bernique à son rocher du Finistère, et ceci depuis le XXème siècle, enfin 1999.

Pour rappel, 1999 est l’année où le G7 a décidé de réduire la dette des pays les plus pauvres, c’est vous dire la charge émotionnelle. Mais reprenons.

Le métier de crêpier·ère prend ici un sacré coup dans la blanche hermine, puisqu’il s’agit uniquement de basses tâches de commis·e-larbin·e dignes du Quick de Lorient (que je vous déconseille également). Plus proche de l’opérateur·trice en conditionnement que de l’esprit 4B (bigouden/bilig/breizh/biniou) donc, avec des valeurs fortes parce que TOUT EST PLUS FORT EN MAJUSCULE ARRÊTE DE CRIER.

Motivation (même si le taf est tout naze), rigueur et ponctualité (rien de bien nouveau sous le rare soleil de Bretagne du Val-de-Marne), on va rester sur un profil somme toute classique. Mention spéciale tout de même à l’orthographe particulièrement peu rigoureuse de cette annonce, mais qui ne devrait pas poser de problème lors de l’entretient téléphonique.

Nous finirons sur ce post-scriptum lunaire où est demandé à chacun·e des candidat·e·s de vérifier l’authenticité de son titre d’identité. Dans le genre « mince je viens de m’apercevoir que la Préfecture m’a refilé un faux passeport, je ne vais pas pouvoir travailler dans cette charmante crêperie dans 48h ».

Ou peut-être que l’intention est un peu plus douteuse. Et qu’il s’agit de bien faire comprendre à tous ces étrangers pas de chez nous qu’on a pas besoin d’eux pour faire des bonnes galettes de sarrazin.

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